Acid Bubble

C’est un peu comme un retour en arrière. Un gigantesque flashback, les données de l’expérience en plus. Le stress, l’estomac qui se retourne au milieu de la nuit, le réveil précipité, les larmes dans la salle de bain. Plus j’essaie de me convaincre de dormir, moins j’y arrive. Je m’imagine l’océan, une rivière, le bruit du vent dans les arbres, les ronronnements d’un chat, ou bien je m’imagine nager : je me concentre sur les mouvements, les respirations, j’ai presque la sensation de glisse, et brutalement, les pensées parasites reviennent.

Quand je préparais mon master recherches, les angoisses avaient trait à la rédaction du mémoire, aux recherches qui risquaient de caler ou bien à la soutenance. A l’Ipag, c’était la peur d’oublier les données si chèrement apprises, les méthodes travaillées jusqu’à en devenir des réflexes ou bien l’angoisse du concours et de ses résultats aléatoires. J’étais tiraillée par la peur d’échouer comme par celle de réussir. Peut-être bien qu’il m’était plus facile d’imaginer l’échec et la déception que d’entrevoir la réussite et les bouleversements qu’elle entrainerait inévitablement. Je n’ai jamais aimé les entre-deux, les moments où la vie hésite et où l’on ne sait pas s’il faut saisir la balle au bond ou imiter Daria et la laisser tomber à deux pas de soi.

Chez Pigeon Voyageur, 2015 rime avec grand chambardement. Dans mon Pigeonnier, il y aura aussi des transformations, puisqu’une des pierres angulaires du service aux professionnels s’en va en retraite. Les paris sur son remplacement ont débuté depuis janvier, et j’y joue mes propres jetons : alors que ma Chouette Effraie me place comme « l’héritière » attendue, il a fallu rédiger lettre de motivation et cv. Ecrire que oui, je souhaite continuer à faire mon travail. Il y a aussi cette apprentie-pigeon, qui me laisse mi-figue, mi-raisin à me défendre à tous crins pour ensuite me plomber tous mes rendez-vous. On ne sait pas sur quel pied danser et c’est usant. Et puis cet après-midi, la cerise sur le gâteau moisi : la nouvelle faucon, arrivée de nulle part, qui décide que tiens, ce pigeonnier a l’air confortable, alors pourquoi ne pas en faire son nid secondaire et par la même occasion nous retirer du bec notre travail ? Les discours s’entrechoquent, les méthodes de travail n’ont pas le temps de se développer qu’elles changent déjà et surtout, l’autonomie et le savoir-faire dont notre service a toujours su faire preuve (la pierre angulaire, tout ça) sont piétinés à qui mieux-mieux. En plus de devoir mendier auprès de mon Grand Duc le droit de continuer à travailler, il faut se battre et pisser sur ses frontières, tous les jours, avec nos partenaires d’hier. Il faut croire que le Grand Duc commerçant applique la théorie des challenges pour nous pousser les uns les autres.

Tout ça m’épuise.

Au jeu du qui a la plus grosse, j’ai toujours envie de passer mon tour.

On pourrait peut-être jouer tout ça à pile ou face?

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