Heard It All Before

(Il y a longtemps, dans un autre espace, après une de ces soirées dont on aimerait ne plus se souvenir. Le début du délitement d’une amitié qui pourtant m’était la plus chère d’entre toutes… Retrouver ce texte par hasard, ne pas avoir envie de l’effacer. Posés là, les mots effaceront peut-être l’amertume.)

La lune m’a donné ses courbes et sa pâleur. Au gré de ses métamorphoses, mon caractère oscille. Montagnes russes en perpétuel mouvement. Je suis celle qui  se replie toujours un peu plus et qui restera insignifiante. On passe au travers de mes rêves comme au travers d’une toile d’araignée, sans y faire attention.

J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans, le silence m’enveloppe comme un baume apaisant. Les hurlements intérieurs restent cantonnés sur des pages blanches, soumis au même oubli que mes sourires ou bien mes larmes.  Je suis celle qui reste, bien après que tous aient quitté le navire, qui s’accroche à la barre quand l’espoir l’a pourtant désertée. L’Amie qui donne jusqu’à la mort, la Maîtresse qui aime sans conditions.

S’il me fallait renaître, je me ferais épée. La fureur des guerriers d’antan coule quelque part entre mon cœur et mon esprit. Elle fait palpiter mes veines, bouillir mon sang. Elle assassine ma patience et ma retenue, mais reste silencieuse pour le monde de l’extérieur. Je suis celle qui possède un trou  noir à l’intérieur de son corps. Tout y est aspiré, sans possibilités de retour. J’y tomberais un jour,  toute entière, sans que personne ne fasse un geste.

Je ne suis qu’une voix, parmi tant d’autres. Celle qui prend son temps et qui console bien des peines. Je me nourris des bonheurs des autres : je suis l’épaule qui soutient et la main qui ne lâche jamais. Peu s’en souviennent.

Il y a de l’incompréhension, de l’appréhension ou tout simplement du dégoût dans le regard de ceux qui osent parfois s’approcher un peu. On ne soulève pas le voile, par peur de ce qu’il pourrait cacher.  J’étouffe mes angoisses avec ma curiosité et ma boulimie de savoirs. Les livres accompagnent mes heures sans jugement ni gêne d’aucune sorte.

Je suis celle qui aimerait se dissoudre dans la fumée de sa cigarette ou dans l’ambre de son verre quand on découvre ce qu’elle cache au fond d’elle-même. Les ombres sont trop nombreuses, et les décombres brûlants. Mes cicatrices ne se voient pas, elles forment un puzzle compliqué autour de brèches encore béantes. Elles donnent un relief difficile à déchiffrer, des contours un peu coupants à tout ce que je peux entreprendre.

Je suis celle qui ne sait pas briller.

Une lune drapée de noir.

L’Ephémère.

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