Wrong Side of the Bed

Je te vois, lecteur, à parcourir les pages de ce putain de bouquin qui n’est pas aussi vaste que je l’espérais. Il fait nuit. La lumière reste allumée. Tous ses états d’âme, tu les connais. Pas vécu pareil. Mais l’émotion est commune.

Tu seras nu comme un héros. Aider ta souffrance à être moins solitaire. D’être solaire. Entendre l’arbre la nuit se retourner dans son lit d’écorce. Il ne dort que d’un œil. Il te protège.

Au bord du lac, les voix qui viennent du ciel s’éteignent.

Richard Bohringer, Traîne pas trop suis la pluie, p. 92

C’est le réflexe facile, la chose la plus naturelle qui soit pour toi. Plonger dans les pages froissées d’un bouquin d’occasion. Suivre les lignes, t’accrocher aux mots comme à des bouées de sauvetage. Les points sont des ancres. S’imprégner, déteindre des maux des autres pour apprendre à se lire soi-même, se redessiner. Saccades, voix dans la tête à mesure que la lecture s’avance. Les images et les émotions se mélangent à tes souvenirs : c’est peut-être pas ta vie, mais y’a des échos.

Un tango.

Entre ceux de papier et ceux de chair, ceux d’avant et ceux d’aujourd’hui, ceux qui aiment, ou ceux qui crient.

C’est le réflexe de survie, au milieu de la nuit, au milieu de ta vie.

Lire, jusqu’à l’autre rive.

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