Archives mensuelles : août 2014

Ecran Noir #1

Quand nous nous sommes rencontrés avec le Barbu, c’était au cinéma. Puis, nous nous sommes vus et revus, avec toujours en toile de fond un film. Des premiers mois de notre relation, je retiens la douceur mais aussi le temps passé devant mon écran, au chaud sous la couette, puis bien calés dans le canapé. Il y a eu beaucoup de thrillers (J’ai rencontré le Diable ; The Murderer ; The Ghost Writer ; etc.), de films d’horreur et de slashers (Vendredi 13 ; Massacre à la tronçonneuse ; Hostel ; Midnight Midtrain ; etc.), des classiques (Suspiria). Mais surtout, il y a tous nos mercredis nanards, tous ces films improbables qui nous fait rire à leurs dépends (Aztec Rex ; Crank ; Mega Piranhas ; Dinocroc vs Supergatir etc.), ou mourir d’ennui (le dernier en date : Stay Alive). On en est venu à choisir chacun notre tour.

C’est comme ça que le Barbu s’est retrouvé à regarder un film qu’il n’aurait jamais, jamais, JAMAIS choisi. Le genre de film que je visionne habituellement seule, comme Casse-tête Chinois (qui, contre toute attente, m’a plu) , A Case of You ou bien Ruby Sparks.

Donc, la belle soirée d’hier s’est vécue au rythme des porteurs de repas de Bombay et des lettres échangées par les protagonistes de The Lunchbox.

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« Ila, une jeune femme délaissée par son mari, se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie ensuite sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay. Le soir, Ila attend de son mari des compliments qui ne viennent pas. En réalité, la Lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme solitaire, proche de la retraite. Comprenant qu’une erreur de livraison s’est produite, Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l’espoir de percer le mystère. » (Allocine)

J’ai eu faim tout le temps du film. Comment ne pas avoir envie de plonger sa cuillère dans les boîtes remplies des petits plats d’Ila? Faim aussi de découverte. Comment Ila en est-elle arrivée là : à mettre son coeur dans sa cuisine alors que son mari ne lui montre qu’indifférence? Quelle est le parcours de Saajan? A quoi ressemblait sa vie d’avant? et surtout faim d’échanges épistolaires. La plume de Saajan est piquante, un peu pince-sans-rire, entière. Ila se raconte, comme elle le ferait à sa voisine ou devrait le faire le soir, autour de la table avec son mari. Elle l’écrit : « on peut tout dire dans une lettre ». La poésie de la rencontre au travers des mots et du plaisir de la table.

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J’ai aimé la délicatesse de la réalisation et la manière de ne jamais trop en faire. On se laisse prendre au jeu, on observe les transformations dans les vies de Saajan et d’Ila, deux lignes qui cohabitent dans la même ville, pas tout à fait parallèles, pas  tout à fait amener à se croiser d’avantage qu’au travers de lettres. On en vient à se dire qu’une rencontre est inévitable, mais… Un mauvais train peut vous emmener à la bonne destination.

C’était exactement ce qu’il fallait à cette semaine. Le baume sur les plaies de ce temps qui file, de cette fatigue qui grandit, de ce ras-le-bol

 

 

The Sun Has Turn to Black

La curiosité est un vilain défaut.

Comme un chat qui s’approche trop près de la casserole sur le feu, je me suis brûlée les moustaches. A croire que je le fais exprès. Quelle part a l’inconscient là-dedans, dis moi? Fallait-il que je confirme les angoisses latentes qui me pourrissent mes nuits ces derniers temps? Fallait-il que je jette du sel sur une plaie qui ne cicatrise pas, malgré tout ce temps passé? Cette colère sourde, griffue, qui me dévore, encore, toujours

La marque que je n’ai pas tant changé que je le pensais, que ce qui m’arrive au travail pourrait m’arriver de nouveau à la maison. Pourquoi suis-je incapable de me barricader contre les nuisibles? Je fanfaronne qu’on ne m’y reprendra plus : ah ça non! La leçon est apprise!

Balivernes, oui.

La curiosité peut être un bien vilain défaut. Mais comment pouvais-je m’attendre à le retrouver au détour des mes lectures quotidiennes? De lien en lien, les soupçons, puis la certitude, puis le haut-le-cœur.

Douche froide.

Il en reste, du chemin à parcourir, pour que tout glisse sur mes plumes.

Un pas après l’autre.