Archives mensuelles : novembre 2013

Novembre à prise rapide #4

Au réveil, l’espoir.

On se dit que la journée ne pourra qu’être belle. Le voilà qui entrevoit enfin un rayon de soleil dans son avenir pro. Le parcours du combattant connaitra sans doute une halte méritée. Les rails sont solides, il n’y a qu’à se jeter dans le wagon.

A onze heure, je me dis que cette journée sera longue. Mes collègues sont enfermés dans le bureau et me laisse gérer tout le reste. Je cours, je m’agite, dans une danse infernale : le téléphone, les ventes, les clients qui se succèdent, les choses à faire pour hier, les tuiles. Je pense à lui aussi, je croise les doigts.

A seize heure, toujours cette sensation d’étouffer et de ne pas réussir à avancer dans cette journée.

A dix-huit heure, le voilà, la mine défaite dans la voiture. Des histoires de délais entre deux formations, de justifications à deux centimes, de cases dans lesquelles il faut absolument entrer. Je me mords pour ne pas pleurer.

Ca ne se passera pas comme ça.

 

 

 

Novembre à prise rapide #3

– La corbeille de fruit sur la table de la cuisine

– La table basse de ma soeur, qui a connu un appartement à Nantes, deux maisons différentes à BledDeChezMoi avant de trouver sa place au milieu du salon de leur home sweet home.

– Le meuble de télé dans la salle à manger chez mon père

– Le plafond dans ma chambre à la campagne

– Les murs de la buanderie aussi appelée « débarras »

– Les animaux aux formes étranges avec lesquels je jouais quand j’étais gamine

Du bois.

Travaillé et aimé par mon frère, parfois au péril de ses doigts. Comme l’écorce de son coeur, des réalisations qui font respirer nos intérieurs.

Novembre à prise rapide #2

Noël est entré dans nos conversations.

Sans doute ma saison préférée. J’ai déjà commencé la réalisation de quelques cadeaux faits main, mais comme tous les ans, la liste s’allonge à vue d’œil. Des recette de gâteaux, des modèles de tricots, des idées pour les cartes de vœux… une frénésie de projets qui m’emplit et me remonte comme une poupée mécanique. Des idées que j’avais l’habitude de partager avec elle, autour d’une tasse de thé.

Alors quand ma sœur m’annonce qu’on devra sans doute décaler Noël, je ne trouve rien de mieux à faire que pleurer. C’est compliqué de se dire qu’on ne sera pas tous réunis autour de la table cette année.

Le premier Noël sans ma Tante Madeleine.

Novembre à prise rapide #1

(revenir à l’écriture par le jeu)

Le ciel n’en finit plus de dégouliner sur le paysage. Gris pluie, ploc, ploc, ploc, ploc. Sur le marbre, on a posé des soleils à pétales, du jaune,du rose,du bordeaux. Tu es né poussière et tu y retourneras. Le sable est détrempé autour des tombes. On a du mal à imaginer que cette terre referme en elle ces vivants qui ne sont plus. La terre, mon père l’aime,  assez pour y consacrer sa vie. Les mains dedans, les pieds dessus, la chérir, la flatter, la retourner. Y célébrer la vie. Et une fois par an, la faire rimer avec souvenir et deuil.

Sous la terre, est-ce qu’ils dansent, tous nos défunts chéris?